mercredi 30 novembre 2011

Et maintenant on va où ?

Cela faisait plusieurs semaines que je me promettais aller voir le deuxième film de Nadine Labaki. J’avais été charmée par Caramel en 2007 : l’histoire de cinq femmes qui se croisent dans un salon de beauté et de coiffure de Beyrouth. Hier soir, j’ai pu découvrir son deuxième long-métrage, Et maintenant on va où ? qui confirme toute l’admiration que j’ai pour cette réalisatrice libanaise, ses histoires et sa mise en scène.

C’est l’histoire d’un petit village où vivent musulmans et chrétiens. Un village qui a connu la guerre, comme en témoignent les photographies de jeunes hommes sur les tombes du petit cimetière, mais où règne tout de même une certaine douceur de vivre. Alors que le pays est déchiré par la guerre, les femmes du hameau sont déterminées à faire fi des appartenances religieuses pour protéger leurs familles et leur village des menaces extérieures.

Elles imaginent tous les stratagèmes possibles pour distraire l’attention de leurs hommes et faire en sorte qu’ils ne se laissent pas entrainer par la folie violente qui secoue les villages alentours. Je vous laisse imaginer !

Ces femmes sont drôles et magnifiquement solidaires. Elles me font penser aux personnages féminins de Pedro Almodovar mais avec ce côté libanais savoureux. La scène d’ouverture (une procession de dames vêtues de noir qui se dirigent vers le cimetière en serrant contre elles les photos de leurs maris, de leurs fils) est de toute beauté. Et en dépit de quelques scènes chantées un peu kitsch (mon amie Alicia qui m’accompagnait m’a dit que c’était typiquement libanais, elle en sait quelque chose), j’ai été séduite par la mise en scène de Nadine Labaki.




Un joli moment de cinéma (encore plus joli quand on le partage avec une belle personne)

Où ? Au cinéma Vendôme, 18 chaussée de Wavre 1050 Ixelles
Pour les horaires, c'est par ici : http://www.cinema-vendome.be/les_films/horaires


Un petit creux avant / après le film ? Si vous allez le voir au Vendôme, vous êtes alors en plein quartier Matongé : allez vous sustenter dans un petit resto africain du coin. Hier soir, Alicia et moi avons testé "Le soleil d'Afrique" où comment se régaler pour 6 euros.


lundi 28 novembre 2011

Rêver au Paris des Années folles avec Kiki de Montparnasse

Depuis quelques mois, j'ai développé une passion dévorante pour les romans graphiques.
Entre la BD et le bouquin, parfois liés à l'actualité ou à une période de l'Histoire. Souvent, je les termine en une nuit. Avec Kiki de Montparnasse, près de 400 pages, je me suis dit que j'étais tranquille pour un bon bout de temps. J'avais tort.

Kiki de Montparnasse, c'est 374 pages de plaisir. Voire de drogue. En deux soirées, avalé, le roman graphique. Et me voilà avec un goût de trop peu et une envie de plonger dans le Paris des années 1920 pour rencontrer ce personnage fascinant qui a VRAIMENT existé.

De son vrai nom Alice Prin, Kiki naît en 1901 dans un village de campagne en France avant de rejoindre Paris à l'âge de 12 ans. Au fil des années, elle deviendra l'un des personnages les plus marquants de l'entre-guerre dans le quartier Montparnasse, amie et égérie de nombreux artistes dont Modigliani, Picasso, Desnos, Cocteau et toute la clique des surréalistes. Elle sera aussi l'amoureuse et la muse de Man Ray qui l'immortalisera dans certains clichés.

Kiki brûle la vie par tous les bouts : elle parle fort, interprète des chansons grivoises au bar des habitués de Montparnasse, elle se fout des conventions, elle pose nue, elle est pleine, entière, elle suscite la jalousie, elle tombe dans la drogue, elle est Kiki, à prendre ou à laisser.

Au fil des chapitres,  Catel et Bocquet dressent le portrait d'une génération d'artistes, d'un groupe d'amis unis par l'amour de l'art, de la création (et la boisson). Mais avant tout, c'est le portrait d'une femme hors du commun, libre et émancipée, qui fait chavirer les coeurs des hommes qui la croquent sur papier. Kiki rêve d'être célèbre outre-Atlantique mais elle devra se contenter de son sacre de "Reine de Montparnasse". Dans une autre vie, j'aimerais être Kiki de Montparnasse. Cette beauté hors normes et ce tempérament de feu.

 

Jettez-vous sur cette biographie magistrale, plongez-vous dans cette vie mouvementée. Les textes et les dessins sont de qualité. Et à la fin, si vous non plus vous n'avez vraiment (mais alors vraiment) pas envie de vous retrouver dans votre lit en plein XXIème siècle, vous pourrez prolonger le plaisir en lisant une chronologie des évènements de la vie de Kiki ainsi qu'une série de notices biographiques sur les artistes qui partageront la vie de Kiki jusqu'à sa mort en 1953.




Qui ? Dessins de Catel Muller et scénario de José-Louis Bocquet. 
Casterman, collection Écritures 2007, 374 p. Grand prix RTL 2007.
Où le trouver ? Dans toutes les bonnes librairies, pardi! Mais aussi dans certaines bibliothèques publiques. Je l'ai pour ma part emprunté à celle d'Ixelles. Ca fait moins mal de le dévorer en deux jours, évidemment.


Pour aller plus loin : Visionnez "Minuit à Paris", le dernier Woody Allen : un va-et-vient temporel et visuel entre le Paris d'aujourd'hui et celui des années 1920. Juste pour se dire qu'on n'est pas les seuls à penser être nés à la mauvaise époque. 70 ans trop tard. Et se replonger dans l'univers du bouquin! La bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=Ky2uLT6Bxv0
Bonus : Vous avez peut-être vu tourner récemment sur Internet cette jolie petite vidéo, "The Power of Words" au message puissant.http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Hzgzim5m7oU Imaginez un peu ma surprise quand j'ai trouvé presque exactement la même scène dans Kiki de Montparnasse! Une jolie source d'inspiration que je vous laisse découvrir.





vendredi 25 novembre 2011

Roman Polanski : sa carrière exposée au Bozar

Ces temps-ci, vous l'avez sans doute remarqué, le monde culturel bruxellois semble n'en avoir que pour le Brésil. L'évènement Europalia Brasil se décline à toutes les sauces dans nos musées. J'adore le Brésil. Mais là, c'en était trop. J'ai décidé d'aller voir l'exposition sur Roman Polanski au Bozar.

 

Quand on entre au Bozar par la rue Ravenstein, il faut chercher, fouiner, traverser des salles entières de photographies brésiliennes (par ailleurs très belles) avant de trouver la petite salle qui abrite l'exposition consacrée au cinéaste franco-polonais. Petite, sans grands artifices, cette exposition vaut pourtant la détour.

Après avoir été présentée à Londres, en Pologne et à Sao Paulo (encore le Brésil...décidemment), cette expo dédiée à la carrière de Roman Polanski est visible à Bruxelles du 10 novembre 2011 au 8 janvier 2012. Ici, aucune allusion aux drames et scandales qui émaillèrent la vie de Polanski. On ne parle ni de Sharon Tate, ni affaire de moeurs américaine. Juste des nombreux nombreux films qui firent Polanski. Haï par certains, acclamé par d'autres.

Au programme : une description chronologique de tous ses films, des extraits de ce que d'autres ont dit ou écrit sur lui, de nombreuses photos et de superbes affiches de film, vieilles ou moins vieilles. Sans oublier des images d'archives de ses premiers films tournés en Pologne.

On sort de là avec l'envie d'aller chercher toute sa filmographie à la DVDthèque du coin, de revoir Tess, Le Pianiste, Chinatown et de voir tous ceux qu'on n'a pas encore vus (la honte...)

Une seule bonne raison d'y aller : C'est gratuit. Et les affiches sont plus belles les unes que les autres.

Actu : Le prochain long-métrage réalisé par Roman Polanski sortira dans les salles obscures belges le 14 décembre prochain. Carnage est l'adaptation au cinéma de la pièce de théâtre "Le Dieu du Carnage" écrite par Yasmina Reza (un huit-clos entre deux couples bourgeois qui se rencontrent le temps d'une soirée pour évoquer la bagarre entre leurs deux garçons : la courtoisie initiale laisse vite place à l'affrontement et aux coups bas). Terrifiant mais savoureux. Voir la bande annonce : http://www.youtube.com/watch?v=KoqH5x7icrM

Informations pratiques : 
Quand ? Du 10/11/11 au 08/01/12
Où ? Au Palais des Beaux Arts de Bruxelles
Combien ? Entrée libre
http://www.bozar.be/activity.php?id=11479

Qui suis-je ? Pourquoi ce blog ?

Je m’appelle Fiona, je suis dingue de voyages et j'ambitionne de faire le plus de photos possibles en sautant. Voilà, c’est dit.



Par ailleurs, j’ai une vingtaine d’années, je suis une journaliste en herbe. J’aime lire, boire du thé brûlant, faire du vélo en descente, arpenter les boutiques des musées (en sachant bien que c’est impayable), cuisiner des crumbles et fouiner la toile en quête de bonnes adresses pour assouvir ma soif d’expériences culturelles et culinaires. Il y a quelques jours, je me suis dit « quitte à chercher tout ça, autant le partager avec d’autres Bruxellois en quête d’idées ». Et c’est ainsi qu’est né ce blog.

Bruxelles à tout prix repose en fait sur deux postulats :
 - Le voyage, c’est merveilleux mais il y a souvent un moment où ça s’arrête, où on rentre au bercail bruxellois et où le quotidien reprend ses droits. Tout le défi du voyageur qui sommeille en nous consiste alors à distiller de la découverte, du piment, du «WAOUW » dans la vie de tous les jours. Et je fais le pari que la culture sous toutes ces formes y contribue. Il suffit parfois d’une belle expo, d’un concert envoûtant ou du goût d’une mangue juteuse pour que le voyage refasse surface.

 - La culture n’est pas et ne doit pas être réservée aux propriétaires de portefeuilles bien garnis. A travers ce blog, j’essaierai le plus possible d’évoquer des événements ou produits culturels à petits prix ou gratuits.

Merci d’avance d’être là, de me suivre dans cette nouvelle aventure. 
Et tous les commentaires, avis, recommandations, coup de cœur, coup de gueule sont les bienvenus. Bonne découverte!